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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 06:26

Bleuniadur. Un stage de «musiques vertes»

Le Télégramme - 9 mai 2012

Les enfants et les ados de Bleuniadur viennent d'achever un stage de musique, sous la conduite de Jean-Yves Bardoul. Le temps d'une journée, ils se sont initiés aux «musiques vertes» et ont appris à fabriquer des instruments buissonniers ainsi qu'à en jouer. Violoniste de la région de Redon, Jean-Yves Bardoul transforme en instruments légumes, feuilles et branches. Il lui suffit d'entailler un brin de paille d'avoine et d'y percer quatre trous pour disposer d'une mini-bombarde. Une feuille d'endive qu'il fait vibrer dans la bouche imite le caquètement des poules. C'est ce savoir, basé sur les musiques populaires de tradition orale, qu'il a transmis aux jeunes de Bleuniadur. Ils ont retrouvé, pour l'occasion, les gestes que faisaient autrefois les enfants qui devaient passer le temps en gardant les vaches.

Des musiciens «en herbe»

Les danseurs ont découvert que la nature, surtout au printemps, offre des ressources pour créer des instruments de musique. Ainsi, à partir du sureau, on peut obtenir des tubes creux pour fabriquer des flûtes ou des anches. Une bande d'écorce de châtaignier en forme de cône devient un «korn-boud», c'est-à-dire une trompe dont le son rappelle le beuglement d'une vache. Ce fut donc une journée bien remplie, durant laquelle les musiciens en herbe ont fait sonner les bassines, créé des appeaux, imité des cris d'animaux, joué de la flûte de pissenlit ou sifflé dans des feuilles de lierre. De nouvelles connaissances que les jeunes danseurs pourraient bien utiliser dans leur prochain spectacle.

«Tirer les joncs» : une tradition éteinte

Les danseurs de Bleuniadur ont appris à «tirer les joncs», une coutume sonore qui consistait, lors des feux de la Saint-Jean, à faire chanter les bassines de cuivre à l'aide de brins de joncs. À la Saint-Jean, au crépuscule, au moment de l'embrasement du tantad, les sonneurs se mettaient en action. Une bassine au fond rempli d'eau est posée sur un trépied. Tandis qu'un sonneur tient les brins de jonc contre le bord, l'autre y fait glisser ses doigts humides et le frottement engendre une vibration qui se transmet au chaudron. Le son produit est un bourdonnement puissant et continu, qui s'entend de très loin, comme un vacarme qui envahit la nuit. On faisait sonner les bassines dans le pays de Saint-Pol-de-Léon, mais la tradition est aujourd'hui éteinte.

 

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