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24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 00:00

Voici les photos de costumes présentés par Bleuniaur réalisées par Sylvie Le Parc pour les agendas "Femmes de Bretagne". L'agenda 2006 est en vente actuellement. On y trouve la mode Jenoss de Saint-Pol-de-Léon et le costume de Gouézec.

L'ensemble des commentaires sur les costumes présentés sont le résultat des recherches de L'Ensemble des Arts et Traditions Populaires du Léon - Bleuniadur.

Les textes sont d'Alain Salou, directeur artistique du groupe.

 

                   

Saint-Pol-de-Léon - Costume Jenoss

Groupe vestimentaire et guise artisane de Saint-Pol-de-Léon (ville) - Costume de cérémonie de 1900

À Saint-Pol-de-Léon, cette coiffe de ville coexista avec les coiffes paysannes jusqu'en 1930 environ. Le nom de cette coiffe viendrait du français « je n’ose », son appellation étant à rapprocher des appellations données au milieu du XIXe siècle par les modistes aux coiffes en vogue à ce moment-là. L’appellation est à considérer comme un élément marketing de l’époque.

A Saint-Pol-de-Léon, elle côtoyait la « Câline », « la République », la « Pagane », etc. La cure de Saint Pol mettra bon ordre aux « dérives » en interdisant la plupart des ces coiffes jugées trop ostentatoires (Paganes , Taoleden, Chicologuen) ou trop dévergondées (Jénoss et République), car laissant apparaître les cheveux (en supprimant entre autres les bonnets et sous coiffes.).

Les Folkloristes disent souvent que le nom vient du fait que les jeunes gens touchaient les lacets de la coiffe de la jeune fille de leur choix, « ne pouvant aller plus loin ». Dans le pays de Saint Pol de Léon, le fait qu’un jeune homme puisse même toucher la coiffe d’une jeune fille est inconcevable, à une époque ou hommes et femmes sont séparés et où, dans les danses même, il n’y a aucun contact physique. Le bonjour lui-même n’est pas une bise, mais un toucher du pouce sur le bord du chapeau. On ne s’embrasse qu’en lien de parenté proche.

Le costume présenté est celui de grande cérémonie de 1900, époque à laquelle le milieu citadin de Saint Pol adopte le port des grands châles paysans, en étoffes plus fines et plus ouvragées. La broderie envahit l’ensemble du tissu visible, comme on peut le voir sur ces photos. C’est une des modes les plus raffinées jamais portées à Saint Pol.

 

 

                  

 

Costume de L’Ile de Batz de petit dimanche 1900- 1914

 

 

Le costume se compose d’une veste longue primitive, boutonnée sur l’avant, portée sur des chemises de lin en semaine et de toile fine le dimanche, débordant des manches longues de la veste. La jupe est courte, mi-mollet, avec beaucoup de tours, montée en plis plats caractéristiques de cette région. Le bas de la jupe est souvent orné de plis religieux ou de rubans de velours, tons sur tons. La veste et la jupe sont de même couleur. Vers la fin du port du costume, elles étaient presque toujours noires. Entre 1900 et 1914, on y trouvait des violets foncés, des bleus foncés, des bleus dur, du vert foncé, du crème, du bordeaux et du rouge sang.

Sous la jupe, les jupons de lin sont bleus en semaine, rouges et blancs le dimanche.

Un tablier sans devantier, coordonné en tonalité avec le fond et la bordure de la coiffe, généralement en tissus rayé ou imprimé (1900-1914), ou uni noir (Après 1914) complète le costume.

Un petit châle (« Mouchouard ») de soie, de cashmere ou de velours noir bordé de franges ou de dentelle se pose sur les vestes et se ferme au ras du cou.

Une cravate (anciennes cravates d’homme du pays de Saint Pol) ferme le châle sur le devant. Cette cravate (appelée maintenant « jabot ») est faite d’étoffe fine. Dans les dernières années de la mode 1914, elle est en tulle, en dentelle de Calais ou de Valencienne ou en organdi brodé. Elle se fixe par une broche de grande taille généralement très ouvragée.

 

La coiffe s’appelle la Chibilinenn. Elle se rattache, dans ses origines, aux coiffes Supelinenn du Trégor et de Landivisiau. C’est la coiffe d’usage courant. Elle se porte sur un bonnet à trois pans en toile fine. Dans les dernières périodes de port, ce bonnet était en tulle ou en filet.

La coiffe elle-même est le plus souvent blanche ou bis, en soie ou taffetas, le plus souvent en coton ou en serge. Elle est sans dentelles, la seule ornementation étant un biais de couleur ornant le pourtour de la coiffe.

 

 

                  

Costume Taoledenn de Saint Pol de Léon - 1870.

 

Ce costume était, selon les iconographies et les photographies collectées, la mode la plus répandue dans le pays de Saint-Pol dans les années 1850 à 1870. Cette mode perdurera de façon minoritaire jusqu’en 1918.

Le costume de la femme est composé de lourdes jupes de drap souvent noir, gros bleu, vert ou violet foncé portées sur des jupons blancs et bleus. Des vestes superposées de drap à manches de longueurs différentes portées en alternances de longueurs complètent le fond du costume.

Le costume présenté est un costume de marché. Il est présenté avec un petit châle imprimé de type cachemire appelé « Mouchouard », fermé au ras du cou et un immense tablier de couleur blanche recouvrant entièrement le fond du costume en se fermant à l’arrière, ne laissant apparaître que le dessous des manches de la veste. Ce tablier possède un grand devantier comme toutes les modes du Léon de l’époque et il est ici porté avec des manchettes de protection.

La coiffe qui donne son nom au costume est constituée de trois pièces. Une coiffure de cheveux est maintenue par des lacets de velours, sur laquelle vient se poser un bonnet brodé de couleur vive, le tout étant recouvert par la coiffe proprement dite. La coiffe est très ouvragée pour le dimanche (tulle ou organdi brodé et ajouré). La richesse de ces broderies sera la cause de l’interdiction de cette coiffe par le clergé pour péché d’ostentation, tout comme la Pagane, la République, la Chicologwenn et la Jenoss dont elle est la contemporaine. Pour le marché, cette coiffe est en cotonnade amidonnée avec une broderie en fils tirés. Cette coiffe donnera naissance dans le sud de la ville de Saint-Pol, où elle sera portée le plus tardivement, à la mode du groupe de Taulé-Carantec.

 

 

                 

 

Modes vestimentaires des années 1880 à 1900 de l’Ile d’Ouessant.

La sobriété du costume d’Ouessant répond à la sévérité du climat et du paysage de l’île, sans arbres, aux côtes déchiquetées, et dont l’isolement explique le peu de variation de la mode vestimentaire de ses habitantes depuis 1840 (premières sources connues). De 1900 à 1950, la réalité de la vie à Ouessant est représentée par des femmes agricultrices qui partent le matin à pied labourer leurs petits champs. Leur costume est noir austère, composé entièrement de morceaux d'étoffes séparés et assemblés par des épingles. La couleur est bannie, sauf pour les fillettes et les jeunes filles jusqu'à leur mariage. La coiffe blanche est allégée. La tenue pour la messe du dimanche ou les pardons reste une robe de satin noir avec broderies ou du velours sur les manches, tablier de satin et long châle à franges.

Le costume féminin de l’Ile d’Ouessant se compose de :

  • Une jupe de drap ou Broz 
  • Deux jupons de drap de couleur bleue et rouge  
  • Une veste de drap ou Kazeken  
  • Un corsage ou Chustinen  
  • Un corselet ou Kamproz  
  • Un dépassant de couleur ou Ribliken  
  • Un châle ou Mouchoar  
  • Un tablier ou Tancher

Ces éléments constituent la base du costume, qu’il soit de dimanche ou de tous les jours.

Pour le dimanche et les mariages, les châles et tabliers étaient de damas de soie, de satin, de moire ou de velours. A partir de 1900, ils sont brodés. Le tablier pouvait s’orner d’un grand nœud de ruban brodé ou moiré.

Pour tous les jours, les matières étaient moins nobles et les châles de travail étaient le plus souvent de couleur blanche ou écru.

La coiffe est un savant assemblage de quatre éléments :

·        le bonnet de toile noire.

·        les alkennoù et les tuilioutoù : pièces de tissu épinglés sur le bonnet, qui servent à maintenir la rigidité de la coiffe.

·        le koricher, pièce d’étamine rectangulaire pliée sur le bonnet dont une partie pend par derrière et s’appelle la lostenn.

·        des rubans, étroits au début du siècle, larges ensuite, se nouant sous le menton.

Avec la grande coiffe du XIXe siècle, les femmes portaient les cheveux coupés à trois doigts au dessus des épaules, séparés par une raie médiane sur le sommet de la tête. Ce n’est que vers 1910 que les jeunes filles se laissèrent pousser les cheveux jusqu’au creux des reins. A partir de ce moment là, les cheveux sont portés en tresse pendant la semaine et restent flottants avec la coiffe du dimanche. C’est une particularité unique en Bretagne.

Les veuves, fort nombreuses sur l’île, se signalaient en apposant un disque rouge sur le fond de leur coiffe, Le« Kouricher », jusqu’à l’aube du XXe siècle. Cette coutume disparaît avec le siècle nouveau.

Le Costume d’homme.

Il n’y a pas, de mémoire d’îlien, connaissance d’un costume masculin spécifique à Ouessant. On ne trouve pas de sources iconographiques venant combler cette lacune. Le costume généralement porté par l’homme est, depuis le siècle dernier, le costume de marin de la marine marchande et, en semaine, les pêcheurs de l’île portaient la vareuse commune à toutes les populations de pêcheurs de la côte finistérienne.

 

                 

 

 

Costume de L’Ile de Batz de grand dimanche 1900 - 1914

 

Sur une base composée d’une robe de drap noir et des vestes primitives à manches longue du Haut Léon (Caraco), viennent se greffer :

 En dessous : Trois jupons de couleur (généralement un blanc, un bleu et un rouge au plus près du corps).

 En dessus : 

Un petit châle (« Mouchouard ») autrefois de soie ou d’organdi de couleur ou de tulle blanc, remplacé au tournant du siècle par du drap, du cachemire ou du velours noir. Ce châle est bordé de franges lorsqu’il est brodé, de dentelles lorsqu’il est de velours ou de cachemire non brodé.

Une cravate (anciennes cravates d’homme du pays de Saint-Pol) ferme le châle sur le devant. Cette cravate (appelée maintenant « jabot ») est faite d’étoffe fine. Dans les dernières années de la mode 1914, elle est en tulle brodé. Elle est agrafée par une broche de grande taille généralement très ouvragée.

 

Un tablier de soie damassé, de couleur au XIXe siècle, noir au début du XXe, vient terminer la parure. Ce tablier ne possède pas de devantier, ce qui le singularise par rapport aux modes continentales du Léon. Ce tablier a beaucoup de tour, il ressemble en cela à ceux de la mode de Saint Pol de Léon, ville toute proche.

 

La coiffe s’appelle Chicolodenn, du même nom que celle de Saint Pol de Léon. Elle est en fait l’ancêtre archaïque de la coiffe actuelle de Saint Pol de Léon.

 

Elle se porte sur une coiffure de cheveux ramassés en chignon et ajustée par un « Rujeres ». Sur cette première coiffure vient se positionner un bonnet à trois pans de couleur noire. C’est sur cette deuxième coiffure que vient se poser la dernière coiffe, la plus apparente, qui porte le nom de Chicolodenn.

 

Cette coiffe est faite de tulle et de dentelles de type Calais. Elle est souvent brodée ou ajourée, elle est rarement blanche, on la rencontre le plus souvent de couleur crème. Avant 1900, elle pouvait être faite dans n’importe quel tissu léger. On y retrouve les deux cornes caractéristiques des coiffes du Pays de Saint Pol.

 

 

                 

 

Mode de cérémonie de Gouézec et de Saint-Thois

 

Il s’agit vraisemblablement de la plus petite mode vestimentaire continentale de la Cornouaille, puisqu’elle ne recouvre que deux communes : Gouézec et Saint-Thois. Autrefois, cette mode d’extension plus large n’a cessé de perdre du terrain face aux modes voisines de Quimper, Châteaulin ou du pays dardoup. Elle s’inspire largement des ces trois modes dans la constitution de ses costumes.

Le costume présenté ici est une mode vestimentaire des années 1860 à 1880, plus précisément entre 1870 et 1880. La coiffe constituée de quatre pièces (ruban de cheveux, sous-bonnet de dentelle et de tulle, bonnet de rubans brochés, coiffe), tient à la fois des modes archaïques de Châteaulin et de celles de Quimper. La mode choisie se situe juste au moment où la pièce de dessus prend sa rigidité après une longue période ou elle était souple et non amidonnée et où elle commence à rétrécir en volume et n’a pas encore adopté le pliage savant qu’elle aura plus tard. L’ensemble donne une grâce incomparable au costume.

Le costume lui-même est composé d’une lourde jupe de drap bleu galonnée de ruban doré, d’un gilet rouge sans manche, brodé au cou, d’une veste à manches multiples, galonnée de ruban de satin et de galons, qui présente la particularité de se fermer avec des œillets brodés. Cette veste se ferme avec des rubans brochés de couleur vive très ouvragés.

Les motifs de la broderie ornant vestes et gilets se rattachent aux motifs anciens de la Cornouaille et utilisent abondamment l’orangé, le rouge, le vert et le jaune.

Sur les vestes vient se fixer un col couvrant largement les épaules. Il est encore plat à l’époque. Il faudra attendre une dizaine d’années pour qu’il adopte la forme des cols anciens du Pays de Châteaulin. Gouézec adopte la mode archaïque des cols lorsque Châteaulin l’abandonne.

A l’époque, un tablier galonné ou rayé complète la parure. Il ne possède pas de bavette à Gouézec. Il possède une bavette tombante à Saint Thois, à l’instar des costumes du pays Dardoup tout proche. Il est agrémenté de ceintures de rubans brochés à un pan ou deux à Gouézec. Les lacets du tablier en rubans, lacés sur le devant, forment l’ornementation du tablier à Saint Thois.

 

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commentaires

Pierre 25/10/2005 10:23

Avec des vêtements aussi "coloriés" que ceux portés par les danseurs de Bleuniadur, il faut de la part du photographe un certain culot pour proposer des photos en noir et blanc. Cela valait le coup d'être tenté car le résultat est superbe.